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Simples trous de mémoire ou maladie d'Alzheimer ?
Oublier un code, perdre ses clés, se tromper de couloir de métro, ne pas se rappeler un numéro de téléphone… De tels troubles de la mémoire augmentent naturellement avec l'âge. Ils ne révèlent pas tous pour autant les prémices de la maladie d'Alzheimer.
Alors sachez distinguer les vrais troubles de la mémoire, attribuables à une démence et nécessitant une consultation, des simples trous de mémoire bénins.
Nos facultés intellectuelles déclinent avec l'âge, rien de plus normal. Mais dès que notre mémoire commence à flancher, notre inquiétude grimpe en flèche : nous avons peur de cette maladie d'Alzheimer, annoncée de par sa fréquence et sa progression comme la maladie du siècle. La première chose à faire pour ne pas s'inquiéter inutilement et pour consulter au bon moment est de distinguer les vrais troubles de la mémoire associés à une démence, des simples trous de mémoire anodins.
Distinguez les troubles bénins des signes plus graves
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Trous de mémoire bénins : oublier où l'on a posé ses clés.
Maladie d'Alzheimer : ranger les objets de la vie courante dans des endroits saugrenus (clés ou sac à main dans le frigo par exemple).
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Trous de mémoire bénins : oublier un rendez-vous, oublier momentanément quel jour on est.
Maladie d'Alzheimer : perdre constamment la notion du temps, ne pas savoir quel jour nous sommes ni le mois.
- Trous de mémoire bénins : avoir les mots sur la langue sans réussir à les dire.
Maladie d'Alzheimer : oublier la façon d'utiliser les mots, comme oublier des mots très courants, utiliser des mots qui n'ont pas de sens dans une phrase…
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Trous de mémoire bénins : se tromper en remplissant des documents administratifs comme sa feuille d'impôts par exemple.
Maladie d'Alzheimer : incapacité à remplir des documents administratifs que l'on remplissait classiquement autrefois.
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Trous de mémoire bénins : se perdre dans des lieux inconnus.
Maladie d'Alzheimer : se perdre dans des lieux très familiers comme dans sa rue, son quartier.
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Trous de mémoire bénins : difficulté à se souvenir d'une information apprise, mais que l'on retrouve à l'aide d'indices.
Maladie d'Alzheimer : impossibilité à se souvenir d'une information apprise, même en présence d'indices.
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Trous de mémoire bénins : bonne autonomie.
Maladie d'Alzheimer : perte d'autonomie.
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Trous de mémoire bénins : caractère stable.
Maladie d'Alzheimer : troubles du caractère, brusques sautes d'humeur.
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Trous de mémoire bénins : oublier momentanément, un nom, un visage.
Maladie d'Alzheimer : ne plus reconnaître les gens, même ses proches.
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Trous de mémoire bénins : pas de difficulté particulière de jugement ou de la pensée abstraite.
Maladie d'Alzheimer : absence d'opinion propre ou de jugements personnels.
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Trous de mémoire bénins : avoir conscience de ses pertes de mémoire.
Maladie d'Alzheimer : nier ses troubles de la mémoire.
En cas de troubles bénins de la mémoire, il faut savoir qu'exercer régulièrement ses fonctions intellectuelles (exercices de mémoire, jeux de type cartes ou mots croisés, activités sociales, manuelles, etc.) permet de ralentir leur progression. De la même façon, si en cas de troubles liés à une démence les pertes de mémoire ne se soignent pas, la baisse des fonctions cognitives peut être ralentie. Pour cela, il est important de consulter précocement, dès les premiers signes…
Environ 80 % des gens de plus de soixante ans, hommes ou femmes, se plaignent de difficultés de mémoire. Ils estiment que leur mémoire actuelle est nettement moins bonne que celle de leur enfance.
D'après Bernard Deweer, chercheur CNRS au centre hospitalier universitaire Pitié-Salpêtrière, les plaintes citées ci-dessus désignent en général bien plus des troubles de l'attention que des problèmes de mémoire à proprement parler. On oublie où l'on a posé ses clefs parce qu'on le fait sans y prêter attention, ou parce que l'on a été distrait à ce moment-là et que l'on a plus de mal à diviser son attention sur plusieurs sujets à la fois.
Dans ce que l'on appelle globalement la mémoire, il faut voir en effet trois phénomènes distincts. Il faut d'abord "encoder" l'information, c'est-à-dire, pour utiliser une métaphore informatique, la graver sur le disque dur. Le deuxième aspect est celui du maintien en mémoire. Enfin, il faut évidemment pouvoir récupérer cette information pour l'utiliser à nouveau. Le rappel de l'information sera d'autant plus facile que celle-ci aura été encodée de plusieurs manières différentes : verbale, imagée, motrice, etc. On peut ainsi cerner le souvenir à récupérer par plusieurs voies d'accès.
Ce qui pêche, en général, lorsqu'on vieillit, ce n'est pas le maintien en mémoire, mais l'attention ou la faculté de rappel. Si l'on oblige le sujet à mémoriser quelque chose, il l'encode, car il est forcé d'y prêter attention. Du coup, le rappel se trouve facilité. Par exemple, si l'on donne à un sujet âgé une liste de noms à apprendre, et que le lendemain on lui demande ce qu'il a retenu ("rappel libre"), ses performances seront médiocres par rapport à celles d'une personne jeune ; si, en revanche, on lui fournit un indice ("rappel indicé"), tel que "dans la liste, il y avait un nom de poisson", le nom en question lui reviendra presque immanquablement. Dans les deux cas, attention et rappel, il s'agit de fonctions de contrôle, exercées par les lobes frontaux de notre cerveau.
Le vieillissement normal peut-être aggravé par certains troubles psychologiques, comme la dépression ou l'anxiété. Cette dernière est liée à divers problèmes physiologiques (circulation cérébrale, déséquilibre des neurotransmetteurs) qui perturbent les fonctions de contrôle. Par exemple, dans une liste de 20 mots, un sujet jeune s'en remémorera 14 en rappel libre, un sujet âgé non déprimé s'en rappellera 8 et un sujet âgé déprimé entre 0 et 4. La preuve que la dépression agit sur la récupération de l'information, c'est qu'en rappel indicé la performance du sujet âgé déprimé est identique à celle du sujet non déprimé.
De nombreux facteurs sociopsychologiques peuvent aussi agir sur les peformances de la mémoire. Le départ des enfants, la retraite, bref tout ce qui tend à provoquer ou aggraver l'isolement (et qui apparaît généralement avec l'âge), a pour conséquence la diminution de l'activité du sujet ainsi que celle du réseau social dans lequel il s'insérait. Pour finir sur une note positive, certains chercheurs mettent l'accent sur le fait que la mémoire change avec l'âge : changement de rythme, de centres d'intérêt, de fonction. Progressivement, elle permet de "digérer" tout ce que l'on a vécu jusque-là, de donner une unité à tous les personnages que nous avons été au cours de notre existence.
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