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Des batteries de tests en développement pour détecter précocement la maladie d'Alzheimer
13 juin 2007
Plusieurs tests sont en développement, à la fois d'analyse biologique, d'imagerie cérébrale et d'évaluation clinique, afin de détecter précocement la maladie d'Alzheimer, montrent plusieurs travaux présentés à la deuxième Conférence internationale sur la prévention des démences, organisée à Washington par la fondation américaine Alzheimer's Association.
Le nombre de personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer pourrait dépasser les 100 millions dans le monde d'ici 2050, soit quatre fois plus qu'aujourd'hui.
Cependant, "il y a de l'espoir" avec plusieurs médicaments en phase III destinés à ralentir ou stopper la progression de la maladie (cf dépêche APM LDKFC001) et des avancées dans des outils diagnostiques combinés, commente dans un communiqué William Thies, vice-président des relations médicales et scientifiques de l'association.
Actuellement, le diagnostic de la maladie d'Alzheimer est essentiellement clinique et posé tardivement d'autant plus qu'on pense que les phénomènes neurodégénératifs commencent avant la survenue des symptômes. Une détection plus précoce de la maladie permettrait notamment aux médecins, aux patients et leurs familles de mieux préparer leur prise en charge, ont rappelé les experts.
Parmi les nouveaux outils diagnostiques en développement figurent des tests sanguins, qui auraient l'avantage d'être simples d'utilisation, notamment par le français ExonHit, le norvégien DiaGenic et le belge Innogenetics.
Des résultats complémentaires à ceux présentés en mars (cf dépêche APM LDKCF004) ont été rapportés à la conférence et ExonHit prévoit de faire certifier dès 2009 en Europe, et enregistrer aux Etats-Unis son test utilisant un panel de 60 biomarqueurs, indique la société dans un communiqué.
DiaGenic annonce, dans un autre communiqué, vouloir mettre son test à disposition des chercheurs, à partir de début 2008, "ce qui permettrait d'accélérer sa validation clinique et son introduction commerciale". Ce test sanguin vise à identifier une "signature" de la maladie d'Alzheimer en analysant près d'une centaine de gènes: dans une cohorte cas-contrôles de 119 personnes, la spécificité était de 73% et la sensibilité de 84%.
Enfin, le test d'Innogenetics vise à mesurer dans le plasma différents isoformes du peptide bêta-amyloïde. Les résultats présentés à la conférence proviennent d'une étude conduite auprès de 556 personnes avec des symptômes précoces d'une possible démence et suggèrent que le test permet de classer environ 60% des patients comme ayant un risque accru ou réduit de progresser vers une maladie d'Alzheimer. D'autres études sont nécessaires pour valider ces données "prometteuses", indique la société dans un communiqué.
Travaillant également sur le peptide bêta-amyloïde, une équipe américaine évalue la possibilité de détecter la maladie d'Alzheimer précocement en mesurant de manière non invasive des dépôts amyloïdes dans le cristallin. Ils ont rapporté à la conférence les résultats d'une étude de faisabilité chez la souris.
Dans le domaine de l'imagerie cérébrale, quelque 25 études (souvent sur de petits groupes de patients) ont été présentées à la conférence, avec pour objectifs de déterminer quels sont les meilleurs outils diagnostiques d'une maladie d'Alzheimer précoce: IRM classique, fonctionnelle, tenseur de diffusion, tomographie par émission de positons (TEP), morphométrie voxel (le voxel étant une unité de volume), etc.
Parmi les résultats présentés figurent les données préliminaires du projet ADNI (Alzheimer's Disease Neuroimaging Initiative), un partenariat public-privé organisé par les National Institutes of Health (NHI) américains afin de déterminer des méthodes standardisées d'imagerie et d'analyse biologique en suivant de manière prospective 200 patients atteints de la maladie d'Alzheimer, 400 personnes avec un déclin cognitif léger (ou MCI, "mild cognitive impairment") et 200 contrôles. Les données sont ouvertes à la communauté des chercheurs sur www.loni.ucla.edu/ADNI .
Dans un communiqué, l'Alzheimer's Association a retenu une petite étude américaine sur 30 participants qui suggère que l'utilisation conjointe de l'IRM et de la TEP a permis de distinguer les personnes avec un MCI de celles en "bonne santé" cognitive dans 100% des cas alors que l'IRM seule en a distingué 90% et la TEP seule 73%.
Une autre équipe américaine, qui suit de manière prospective 62 personnes non démentes à l'inclusion, montre aussi que l'utilisation de l'IRM en tenseur de diffusion et la morphométrie voxel permet de détecter des modifications cérébrales particulières. Celles-ci, associées aux tests neuropsychologiques, sont de bons tests prédictifs du déclin cognitif.
Enfin, des chercheurs ont présenté des données sur de nouveaux modèles prédictifs basés sur l'évaluation clinique. Les résultats de la Cardiovascular Health Cognition Study, portant sur 3.375 participants non déments à l'inclusion, ont permis d'élaborer un modèle évaluant le risque de développer une démence à six ans, avec une précision de 88%. Ce modèle prend notamment en compte l'âge, les résultats à des tests neuropsychologiques, l'indice de masse corporelle, l'état fonctionnel, les antécédents cardiaques, la consommation d'alcool, les facteurs génétiques...
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