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Les facteurs de risque de la maladie d’Alzheimer
Estimation et prévention

Par Laurence Hugonot-Diener (Paris)
D’après les communications de William L. Klein (Evanston), Jean-François Dartigues (Bordeaux), Jeff Williamson (Wake Forest school of Medicine), Bruno Vellas (Toulouse), Doutor Vaz Carniero (Lisbonne), Miia Kivipelto (Karolinska institute- Suède) European symposium on Alzheimer’s prevention, Lisbonne, Portugal, 31 mai 2007


La maladie d’Alzheimer est devenue en France une priorité de santé publique.

Les chiffres : le nombre de cas prévalent est estimé en France à 850.000, avec une incidence de 220.000 cas par an. Selon Jean-François Dartigues et l'étude PAQUID, on estime que seulement 50% des cas sont diagnostiqués et seulement 31% traités par des médicaments. Si rien ne change les projections prévoient qu’il y aura 1.200.000 cas en 2010 et 2.100.000 en 2040.

Cette maladie est maintenant de mieux en mieux connue. William L. Klein (Evanston) décrit un mécanisme moléculaire avec des implications pour le diagnostic et les thérapeutiques. Il parle d’une « attaque » sur les synapses par des Aß oligomères (ADDLs : pathogenic Aß Derived Diffusible Ligands). Dans les cerveaux MA, ces ADDLs, s’accumulent premièrement comme Aß 12mers (-54 kD) et sont trouvés comme des clusters « en amas », distincts des plaques séniles. En biologie cellulaire, ces ADDLs jouent un rôle dans la pathogénie des ligands qui visent certaines synapses ayant des récepteurs NMDA. Chez des souris modèles MA, l’émergence des ces oligomères coïncide avec une baisse de la mémoire immédiate. L’attaque des synapses par ce mécanisme permet d’expliquer la perte de mémoire précoce de la MA.



LES FACTEURS DE RISQUE D’AVOIR UNE MA

La connaissance des facteurs de risque de cette maladie plurifactorielle, s’appuie sur plusieurs grandes études épidémiologiques (PAQUID, Framingham, Rotterdam, The Kungsholmen project, the Nurses’health study).

Les principaux facteurs de risque de la MA :
  • l’âge,
  • le gène Apo E4,
  • des antécédents familiaux de MA,
  • un antécédent de traumatisme crânien,
  • un événement de vie grave avant l’âge de 16 ans,
  • une dépression,
  • incidence à la moitié de la vie d’un terrain vasculaire incluant différentes pathologies : une hypercholestérolémie, une HTA, un diabète, un tabagisme, une insuffisance respiratoire, un alcoolisme.
Les facteurs protecteurs :
  • un niveau d’éducation supérieur,
  • la nutrition : antioxydants, poisson 2 à 3 fois par semaine, fruits et légumes,
  • une vie sociale active,
  • une vie intellectuelle riche,
  • une activité physique régulière (au moins 2 fois par semaine + de 1 heure ou 3 fois ½ heure). La danse a été identifiée dans plusieurs études épidémiologiques comme facteur protecteur,
  • une consommation régulière mais faible d’alcool.
Il existe une évaluation de risque : le CAIDE Dementia Risk score (ci-dessous).

Si on utilise ce questionnaire de façon systématique, J.F. Dartigues propose que les médecins en consultation mémoire qui rassurent les patients après un bilan mémoire en leur disant que pour l’instant leur mémoire est normale ou sub-normale, aient une attitude positive surtout chez les moins de 70 ans et en fonction du score total de risque.

On peut proposer de revoir les patients à un an et de leur faire une ordonnance de prévention pour corriger les risques existants. Le fait d’avoir un gène Apo E4 rend probablement cette prévention moins efficace, mais ceci reste encore à confirmer.

Score de risque de démence de CAIDE

Kivipelto et al. Lancet Neurology 2006, d’après les diapositives de Miia Kivipelto.


Probabilité de démence plus tard (20 ans après), compte tenu du score réalisé au milieu de la vie Risque moyen de démence = 4,4%


La prévention de cette maladie passe par la diminution des facteurs de risque sur lesquels on peut encore agir, sous forme d’ordonnance de prévention :
  • traiter l’HTA systolique,
  • traiter l’hypercholestérolémie,
  • prescrire une activité physique au moins 2 fois par semaine (1 H) ou de la danse,
  • rectifier la nutrition : conseiller fruits et légumes au moins 5 différents par jour, plus de poisson (2 à 3 fois par semaine), un régime méditerranéen,
  • donner des antioxydants mais à prescrire en fonction des données : Ginkgo Biloba et autres…
  • conseiller une vie active intellectuellement et socialement riche, et surtout la rupture de l’isolement, quand c’est possible.


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