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Diagnostic de la maladie d’Alzheimer
un grand pas en avant !

Publié le 19/07/2007 dans www.jim.fr
Dubois B et coll. : Research criteria for the diagnosis of Alzheimer's disease: revising the NINCDS-ADRDA criteria,
Lancet Neurology In Press. Available online 9 July 2007.

Voir également : « Le diagnostic précoce de la maladie d’Alzheimer toujours en débat » [Lire] ++++

Les critères actuellement utilisés pour le diagnostic de maladie d'Alzheimer (NINDS et DSMIV) datent de près de 25 ans. Or, de nombreuses études ont montré la limite de ces critères en termes de sensibilité et spécificité diagnostiques. Il était devenu essentiel pour tous les praticiens de faire le diagnostic de MA à un stade plus précoce avant que la dégradation des activités quotidiennes soit suffisamment importante pour parler de démence.

Le concept de déclin cognitif léger (MCI : Mild Cognitive Impairment [Lire]) introduit il y a une dizaine d'années par R. Petersen avait pour objectif de repérer les patients les plus à risque d'évolution vers la MA. L'intérêt théorique du MCI n'a pas été confirmé en pratique quotidienne car les critères utilisés, qui étaient peu précis, sélectionnaient des patients avec des pathologies autres que la MA et dont l'évolution démentielle était incertaine.

Dans un deuxième temps, R. Petersen a proposé de s'intéresser aux patients MCI avec des troubles mnésiques prédominants. Malheureusement, les essais cliniques négatifs avec les inhibiteurs de l'acétylcholinestérase et le caractère peu opérationnel du MCI ont rendu nécessaire de nouveaux critères.

Une vingtaine d’experts américains et européens qui s'étaient réunis à Florence en 2005 proposent dans Lancet Neurology de nouveaux critères permettant un diagnostic à un stade plus précoce. Ils se distinguent des anciens sur plusieurs points. En particulier, le diagnostic de MA peut être porté chez des patients non déments et avec une atteinte isolée de la mémoire. Le trouble de mémoire épisodique évocateur se caractérise par une diminution de la capacité de rappel libre non corrigée par l’indiçage.
Enfin, le diagnostic impose que le trouble de mémoire soit associé à une anomalie paraclinique au moins : atrophie temporale interne, biomarqueurs du liquide céphalo-rachidien positifs, anomalies en imagerie fonctionnelle, ou mutation génétique.
A noter que les critères d’exclusion ont pour but essentiel d’éliminer les autres démences.

Une des particularités de ces critères est de ne pas restreindre les modalités techniques des investigations laissant une place aux progrès imminents dans ces différents domaines. Ainsi, l’évaluation de l’atrophie temporale interne peut être effectuée de manière qualitative ou quantitative. Dans la discussion, ces auteurs suggèrent que la structure anatomique la plus pertinente à mesurer devrait être le cortex entorhinal quand les problèmes techniques auront été réglés.
De même pour l’imagerie fonctionnelle, l’anomalie peut être objectivée par différentes techniques de PETscan. Il est vraisemblable que ces nouveaux critères feront couler beaucoup d’encre mais ils représentent une véritable avancée dans la manière d’appréhender cette pathologie.

Dr Christian Geny

Rappel....

Un diagnostic précoce de la maladie d’Alzheimer devrait être bientôt disponible » (28 juin 2007)

Selon Olivier Ladoucette, neuropsychiatre à la Pitié-Salpêtrière (Paris) et président de l’Ifrad (Fondation pour la recherche sur la maladie d’Alzheimer), qui remarque que « contrairement à ce qu’on pensait, on sait aujourd’hui que la maladie se déclare très précocement, 20 à 30 ans avant l’expression des signes cliniques ».

En combinant tomographie par émission de positons et IRM, on peut d’évaluer le volume des plaques séniles et grâce à la détection de protéines spécifiques et précoces, […] on va sous peu préciser la nature et l’importance des lésions ».

Olivier Ladoucette remarque que « pour l’instant, les résultats sont fiables à 70-80 %. En croisant les résultats apportés par la présence de plusieurs marqueurs, on devrait pouvoir encore affiner le diagnostic ».

Réalisé chez les membres des familles à risque, ce diagnostic précoce devrait permettre de prescrire très tôt un traitement pharmacologique retardant la survenue de la maladie.

Côté traitements curatifs, les choses avancent également. Après des essais malheureux il y a quelques années ayant entraîné des encéphalites en France et aux Etats-Unis, la piste du vaccin thérapeutique revient à l’ordre du jour ». D'autre par, l’effet bénéfique d’une supplémentation en oméga 3 semble se confirmer.

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