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Critères de recherche pour le diagnostic de maladie d’Alzheimer Révision des critères NINCDS-ADRDA
A new framework for the diagnosis of Alzheimer's disease.
Foster NL. -
Lancet Neurol. 2007 Aug;6(8):667-9. Source : www.sf-neuro.org
Par Laurence Hugonot-Diener (Paris)
Les critères diagnostiques de la maladie d’Alzheimer NINCDS-ADRDA et DSM IV-TR sont actuellement les critères standards utilisés en recherche. Ils sont cependant dépassés par l’état des connaissances scientifiques actuelles. Ces progrès imposent, selon les auteurs, une révision des critères diagnostiques.
Ces critères ont en effet été validés versus anatomopathologie : ils ont une sensibilité comprise selon les études entre 65-96%. Leur spécificité est mauvaise vis-à-vis des autres démences et varie entre 23-88%.
La révision de ces critères permettrait de diagnostiquer la maladie dès les stades les plus précoces, avant le tableau clinique complet de cette maladie, c’est-à-dire la constitution d’une démence. Ceci devrait être vrai pour les principaux types de maladies entraînant une démence dont le stade prodromal pourrait être identifié : maladie d’Alzheimer (MA), Démence Fronto-Temporale (DFT), Démence Vasculaire (DV), Démence à corps de Lewy (DCL) et Aphasie primaire Progressive (APP). Pour l’instant, ces stades précoces sont étiquetés MCI mnésique (Mild Cognitive Impairment.) ou multiple domaine en attendant une altération des capacités fonctionnelles.
Ces nouveaux critères diagnostiques de MA sont centrés sur la caractéristique du trouble de la mémoire épisodique auquel doit s’ajouter au moins un autre des bio-marqueurs proposés : sur une IRM cérébrale, un PET ou un SPECT ou taux de ß-amyloïde dans le LCR.
LES CRITÈRES PROPOSÉS :
La probabilité de maladie d'Alzheimer se fonde sur deux types de critères.
A. Un critère majeur, obligatoire :
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Présence de troubles de la mémoire observés par le patient ou ses proches depuis plus de six mois ou confirmation d'un trouble de la mémoire épisodique à long terme par des tests de mémoire ;
- Objectivation d’une altération de la mémoire épisodique aux tests avec un déficit du rappel et un indiçage qui ne normalise pas celui-ci sous réserve que l’encodage ait été contrôlé (par exemple avec le test du RL/RI selon le paradigme de Grober-Buschke, dont la sensibilité est de 92%, données à paraître), qui montrent un syndrome amnésique de type hippocampique.
- Le trouble de la mémoire épisodique verbale peut être isolé ou associé à d’autres changements cognitifs au début de la MA ou lors de son évolution.
B. Un ou plusieurs des critères suivants :
- Présence d’une atrophie du lobe temporal médian :
- Atrophie de l'hippocampe, du cortex entorhinal, de l’amygdale à l'IRM selon une cotation qualitative utilisant une cotation visuelle (référencée avec des normes selon l’âge) ;
- Taux anormal de biomarqueurs dans le liquide céphalo-rachidien :
---- Concentration basse de ß1-42 amyloïde, concentration augmentée de tau total,
---- ou concentrations augmentées de phospho-tau ou combinaison des trois anomalies.
- Aspect spécifique de neuro-imagerie fonctionnelle avec un PET montrant :
---- Un métabolisme du glucose dans les régions pariéto-temporales bilatérales,
---- Autres ligands bien validés.
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Mutation autosomale décrite dans la MA dans la famille proche (chromosome 21, 14 et 1)
Discussion :
Selon les auteurs, ces critères permettront de mieux évaluer les médicaments en développement dans la MA à un stade où il n’y a pas encore d’altération fonctionnelle dans la vie quotidienne, ce qui est déjà un stade trop tardif. Et ceci grâce à l’utilisation nouvelle de biomarqueurs de la MA. Ces critères doivent être validés. Ils nécessitent une expertise, des moyens techniques et des ressources financières pour évaluer de façon globale l’IRM, les biomarqueurs du LCR, le PET ou SPECT.
Norman Foster a discuté de cet article. Il approuve la démarche et pense que si « ce travail constitue une trame pour les futures recherches, il n’est pas utilisable en clinique dès aujourd’hui. En effet, ces critères sont actuellement impossibles à utiliser, puisqu'il n'existe pas de définition opérationnelle des méthodes à utiliser et que l'on ne connaît pas avec précision les critères de normalité ou d'anormalité des résultats.
Idéalement, la redéfinition des critères, devrait être proposée par une organisation internationale reconnue ou par un consortium de gouvernements et de laboratoires pharmaceutiques. Les critères devraient, en outre, être ajustés selon l'âge du malade, ce qui n'est pas le cas, et ils devraient prendre en compte les formes atypiques de la maladie. Il est souhaitable que ces critères évoluent, car il est actuellement impossible d'imaginer utiliser en pratique clinique certaines mesures préconisées, telles que l'analyse du LCR et la caractérisation biologique ».
On pourrait proposer, dans les consultations mémoire ou leur équivalent, tout en gardant pour l’instant les critères pleinement validés, de s’ouvrir aux nouveaux critères en prenant l’habitude de demander une imagerie contributive au diagnostic dans l’esprit des nouveaux critères.
On peut demander une IRM cérébrale avec au moins une coupe coronale passant par les hippocampes et une évaluation de l’atrophie temporo-pariétale par exemple, ou dans les cas difficiles demander un PET ou SPECT. On peut espérer qu’il y aura bientôt des marqueurs sériques de la maladie d’Alzheimer qui rendraient faisables en clinique courante les dosages de biomarqueurs spécifiques.
Date de publication : 30-07-2007
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