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LA MALADIE D'ALZHEIMER
La maladie, décrite en 1906 par le neuropathologiste allemand Alois Alzheimer, est la forme la plus commune des démences séniles. Elle touche plus de dix millions de personnes dans le monde dont quatre millions aux Etats-Unis et quelque 800.000 en France avec 90.000 nouveaux cas par an.
Perte de mémoire, trouble du langage et de la motricité, confusion mentale, incontinence, agitation, déambulation sont les manifestations de ce que l'on appelait jadis DEMENCE SENILE, et dont on sait aujourd'hui que, dans 80 % des cas, elles ont pour cause, non pas une détérioration vasculaire, mais une DESTRUCTION LOCALISEE des cellules cérébrales (protéine bêta-amyloïde et partéine TAU) mais dans tous les cas les anomalies résultent de la disparition sélective des récepteurs nicotinique neuronaux à l'acétyl-choline avec probablement implications des radicaux libres.
Ce déficit cholinergique est précoce et rappelle le déficit dopaminergique de la maladie de Parkinson.
Indépendamment de cas, heureusement rares, dans lesquels elle frappe des hommes et des femmes avant 65 ans, la MALADIE d'ALZHEIMER atteint, de façon plus ou moins marquée, 1,5 à 2 % des personnes âgées de plus de 75 ans mais 10 % de celles qui ont dépassé 90 ans. Les femmes sont plus atteintes que les hommes.
Les signes d'alerte
L'entourage du patient joue un rôle essentiel dans le dépistage.
A l'attention des familles, l'Association France-Alzheimer a édité une fiche sur les neuf signaux d'alerte à prendre au sérieux. Une gêne ou une difficulté dans la réalisation d'une seule de ces activités doit amener à consulter.
Ces signaux sont directement issus de l'échelle IADL (Instrumental Activities of Daily Living) qui sert à "mesurer" les comportements dans la vie quotidienne et qui a été validée comme outil de dépistage de la maladie par l'étude PAQUID -Inserm, Bordeaux.
Utilisation du téléphone
- Un de vos proches n'utilise plus le téléphone de sa propre initiative.
- Il a des difficultés pour rechercher un numéro de téléphone.
- Il ne peut plus ou ne sait plus composer un numéro de téléphone
Usage des moyens de transport
- Il ne veut plus conduire sa voiture seul.
- Il ne prend plus seul les transports en commun.
Prise des médicaments
- Il ne peut plus prendre seul ses médicaments (oubli des médicaments, des doses, des horaires…)
Gestion du budget quotidien
- Il ne sait plus remplir lui-même un chèque.
- Il ne sait plus régler une facture.
- Il a besoin d'aide pour gérer son budget.
A contrario, les signes banaux...
Environ 80 % des gens de plus de soixante ans, hommes ou femmes, se plaignent de difficultés de mémoire. Ils estiment que leur mémoire actuelle est nettement moins bonne que celle de leur enfance.
D'après Bernard Deweer, chercheur CNRS au centre hospitalier universitaire Pitié-Salpêtrière, les plaintes citées ci-dessous désignent en général bien plus des troubles de l'attention que des problèmes de mémoire à proprement parler. On oublie où l'on a posé ses clefs parce qu'on le fait sans y prêter attention, ou parce que l'on a été distrait à ce moment-là et que l'on a plus de mal à diviser son attention sur plusieurs sujets à la fois.
- "Je ne retrouve plus les noms propres, les noms des personnes que je rencontre dans la rue"
- "Je ne sais plus où j'ai laissé mes clefs"
- "J'arrive dans une pièce en ayant oublié ce que je suis venu y faire"
- "J'oublie mes rendez-vous"...
Dans ce que l'on appelle globalement la mémoire, il faut voir en effet trois phénomènes distincts. Il faut d'abord "encoder" l'information, c'est-à-dire, pour utiliser une métaphore informatique, la graver sur le disque dur. Le deuxième aspect est celui du maintien en mémoire. Enfin, il faut évidemment pouvoir récupérer cette information pour l'utiliser à nouveau.
Ce qui pêche, en général, lorsqu'on vieillit, ce n'est pas le maintien en mémoire, mais l'attention ou la faculté de rappel. Si l'on oblige le sujet à mémoriser quelque chose, il l'encode, car il est forcé d'y prêter attention. Du coup, le rappel se trouve facilité. Par exemple, si l'on donne à un sujet âgé une liste de noms à apprendre, et que le lendemain on lui demande ce qu'il a retenu ("rappel libre"), ses performances seront médiocres par rapport à celles d'une personne jeune ; si, en revanche, on lui fournit un indice ("rappel indicé"), tel que "dans la liste, il y avait un nom de poisson", le nom en question lui reviendra presque immanquablement. Dans les deux cas, attention et rappel, il s'agit de fonctions de contrôle, exercées par les lobes frontaux de notre cerveau.
Le vieillissement normal peut-être aggravé par certains troubles psychologiques, comme la dépression ou l'anxiété. Cette dernière est liée à divers problèmes physiologiques (circulation cérébrale, déséquilibre des neurotransmetteurs) qui perturbent les fonctions de contrôle. Par exemple, dans une liste de 20 mots, un sujet jeune s'en remémorera 14 en rappel libre, un sujet âgé non déprimé s'en rappellera 8 et un sujet âgé déprimé entre 0 et 4. La preuve que la dépression agit sur la récupération de l'information, c'est qu'en rappel indicé la performance du sujet âgé déprimé est identique à celle du sujet non déprimé.
De nombreux facteurs socio-psychologiques peuvent aussi agir sur les peformances de la mémoire. Le départ des enfants, la retraite, bref tout ce qui tend à provoquer ou aggraver l'isolement (et qui apparaît généralement avec l'âge), a pour conséquence la diminution de l'activité du sujet ainsi que celle du réseau social dans lequel il s'insérait. Pour finir sur une note positive, certains chercheurs mettent l'accent sur le fait que la mémoire change avec l'âge : changement de rythme, de centres d'intérêt, de fonction. Progressivement, elle permet de "digérer" tout ce que l'on a vécu jusque-là, de donner une unité à tous les personnages que nous avons été au cours de notre existence.
Le diagnostic
Il repose sur quatre axes :
---- Eliminer les autres étiologies : infections, troubles métaboliques, endocriniens, iatrogènes, surdité, etc...
---- Les tests comme le test de Folstein ou Mini Mental Score (MMS) [Lire]
---- Le bilan
---- la dépression qui est soit à l'origine des troubles soit volontiers associée... avec un traitement d'épreuve

Le diagnostic de certitude est histologique.
Généralement; il est préférable de ne évoquer trop tôt le diagnostic d'Alzheimer, et de revoir le patient après un à deux mois de traitement d'épreuve, pour juger de l'évolution des troubles neuropsychologiques.
Le bilan initial
Il nécessite une réévaluation complète du traitement, en particulier anxiolytique, hypnotique, etc...à la recherche d'une origine iatrogène.
Interrogatoire " policier " : automédication, entourage, décés, violences verbales, physiques, chute, Traumatisme cranien, etc...
BIOLOGIE
---- Nfs, VS
---- Iono, urée, créatininémie ( avec calcul ou mesure de la clairance )
---- Glycémie, calcémie, TG, cholestérol
---- Profil enzymatique hépatique
---- T4, TSH
---- Evoquer syphilis III et HIV
---- Dosage folates, B12
DEUX EXAMENS COMPLEMENTAIRES permettent d'éliminer une autre cause de démence.
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Scanner cérébral ou IRM
Un scanner ou une IRM cérébrale avec injection de produit de contraste permettent d'éliminer une tumeur d'évolution lente (méningiome, par exemple) et une hydrocéphalie à pression normale. La présence de lésions ischémiques multiples peut faire discuter une démence vasculaire mais, en pratique, il faut savoir que maladie d'Alzheimer et lésions vasculaires peuvent coexister. Le scanner est souvent suffisant et l'IRM n'a d'intérêt qu'en cas de doute sur l'intégrité de la substance blanche.
Il est plus particulièrement recommandé en
présence d'un ou de plusieurs des troubles suivants :
- Age inférieur à 60 ans;
- Déclin rapide (c.-à-d.
en un ou deux mois) et inexpliqué des fonctions cognitives ou du fonctionnement;
- Démence «
récente » (moins de deux ans)
- Trauma crânien récent ou important;
- Symptômes neurologiques
inexpliqués (p. ex., apparition de céphalées graves ou de convulsions);
- Antécédents de cancer
(surtout les types de cancer qui produisent des métastases dans l'encéphale);
- Prise
d'anticoagulants ou antécédents de troubles de la coagulation;
- Antécédents d'incontinence urinaire
et de troubles de la marche dans les premiers stades de la démence (comme dans le cas de
l'hydrocéphalie à pression normale);
- Tout nouveau signe local (p. ex., l'hémiparésie ou le signe de
Babinski);
- Symptômes cognitifs ou présentation inhabituels ou atypiques (p. ex., aphasie
progressive);
- Trouble de la marche
- EEG
L'EEG peut permettre d'étayer le diagnostic en montrant un ralentissement postérieur du rythme de base.
En cas de doute on peut demander un débit sanguin cérébral, à la recherche d'une baisse de perfusion des régions postérieures du cerveau, et/ou un bilan neuropsychologique de contrôle six mois à un an plus tard afin d'apprécier l'évolutivité des troubles.
Traitement
Soyons clair, actuellement, il n'existe pas de traitement médical de la maladie l'Alzheimer. Au mieux, les anticholinestérases ralentiraient l'évolution des troubles mnésiques (cf infra)
Dans la prise en charge initiale, lorsque le diagnostic n'est pas encore totalement assuré, Il parait judicieux de faire un traitement d'épreuve qui fera appel aux " oxygénérateurs cérébraux " mais surtout aux antidépresseurs sérotoninergiques. (PROZAC, FLOXYFRAL, STABLON ).
En cas d'angoise, les benzodiazépines sont à éviter. Le méprobramate parait plus adapté et si un hypnotique est nécessaire préférer le zopiclone (IMOVANE ).
Lorsque le diagnostic est confirmé, la prise en charge ne peut se concevoir que globalement en intégrant les possibilités familiales, la sauvegarde matérielle (tutelle), physique, financière (APA), associatives, etc..
Controverse sur le traitement de la maladie dAlzheimer
Prendre en charge un patient atteint d'une maladie d'Alzheimer est une lourde tache. L'apport des médicaments ne fait pas l'unanimité
[Lire]
Quelques sites
http://www.alzheimer-montpellier.org/
http://www.francealzheimer.org
http://www.esculape.com/fmc/alzheimer.html
http://www.personnes-agees.gouv.fr/dossiers/apa/index.html
http://www.agevillage.com
http://www.esculape.com/fmc/geriaprotection.html
http://www.geriatrieweb.fr/
http://www.fondation-mederic-alzheimer.org/
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